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La soupe au saucisson

dimanche 25 novembre 2012

Bien le bonjour, lecteurs et lectrices du [Site].

Après quelques mois de relative inactivité (excepté sur mon microblog, qui reste toujours vivace), j’ai été récemment en mesure de publier quelques nouveautés ici-même. Tout d’abord les deux recueils de partitions que sont mes Sardinosaures et mes Danses Kàla, faits de morceaux de bravoures vocaux et instrumentaux (ce que l’on appelle, dans le métier, un « saucisson »). Et puis aussi, quelques articles plus longs sur ce que j’écris, comment et pourquoi je le fais : en particulier la présentation quelque peu désordonnée mais, je l’espère, relativement complète que j’ai choisi d’intituler Ma gentille soupe — au moins, l’on ne pourra pas me reprocher de ne pas annoncer clairement la couleur.

« Clairement »... ou crûment ? On m’a reproché, à diverses reprises, de dénigrer mon propre travail, par exemple lorsque je qualifie ma Première sonate de « sonate de vieux con ». D’un autre côté, on me reproche tout autant mes prises de positions critiques à l’égard de compositeurs réputés (voire élevés au rang de « génies »), ainsi qu’à l’égard du milieu de la musique contemporaine et de cette vaste fumisterie que l’on intitule pompeusement « musicologie ». Alors, qu’est-ce à dire ?

C’est que, nul ne devrait être à l’abri de la critique, et surtout pas ceux que l’appelation ronflante de « compositeur » entoure, selon moi, d’une terreur sacrée. Comme je l’ai dit et redit, j’appelle de mes vœux l’avénement d’une génération qui ne voudra plus se satisfaire de faux-semblants : de même que la connaissance, le savoir scientifique et le patrimoine culturel doivent aujourd’hui être dévoilés au grand jour, à la portée de tous et toutes, la création artistique doit absolument suivre ce même processus. Particulièrement la création artistique dite « savante », si elle veut avoir la moindre chance de survie face à la pression constamment réaffirmée (et, plus grave, légitimée) de la culture de consommation.

Alors, voilà. Je ne prétends pas être un auteur exceptionnellement intéressant, mais je suis le seul que j’aie sous la main et je prétends, ambitieusement quoique simplement, donner « l’exemple », en documentant sur le vif ma démarche, mes choix d’écriture et ma pratique de la musique au quotidien. Les partitions que j’écris sont ici publiées sous licences Libres accompagnées de leur code source et de leur historique ; les articles de présentation que je rédige sur ce site ne présentent le plus souvent qu’un intérêt anecdotique, mais au moins reflètent-ils un sentiment sincère et immédiat. Il n’est que temps de débarrasser les pratiques créatrices et expressives de l’aura mystérieuse et romantique dont on les a entouré, le plus souvent au profit d’une vision cloisonnée et au bénéfice d’un système in fine industriel et commercial.

Les personnes qui préfèrent rester nimbées dans leur croyance en le « génie » des « compositeurs », qui veulent que chaque phénomène musical demeure inexpliqué et impénétrable, qui ne veulent recevoir d’avis que des sources « musicologiques » légitimées, qui vouent un culte à leur discothèque, à leurs interprètes fétiches, à leurs jaquettes de disques rédigées doctement par d’illustres Jean-Foutres assermentés par Radio France ou la Sorbonne, et qui ne veulent pas entendre qu’on peut écrire une Symphonie en la bâclant, écrire une Sonate en ayant l’impression d’être un vieux con, se consacrer à la Musique classique sans avoir la moindre affinité pour Bach ou Beethoven, ces personnes-là ne sont tout simplement pas celles auxquelles s’adresse ce site. Aussi ai-je pris l’habitude de publier mes partitions en haut de page sans aucun mot d’explication, le reste se trouvant dans des « blocs dépliables » qui n’apparaissent pas au premier regard ; quant à mes autres articles d’opinion, je demeure évidemment disposé (pour le meilleur et pour le pire) à en discuter avec mes lecteurs dans les commentaires en bas de page.

Quelque soin que j’y mette, ce que j’ai à dire importe peu. Ce qui compte, c’est le simple fait que je prenne directement la parole, en tant qu’auteur. Cela représente l’espoir — sain et salutaire pour notre société entière — d’instaurer entre les auteurs et leur public un rapport immédiat, d’égal à égal, de citoyen à citoyen.

Ou en d’autres termes, puisque nous sommes sur Internet, de pair à pair.

Bonne lecture !

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